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Pourquoi la crise actuelle ?

Mai 68

Si une telle explosion sociale a pu se produire, paralysant totalement notre pays, c’est qu’il y a eu une accumulation formidable d’incompréhension entre tous les intervenants de notre société, et que cette incompréhension a provoqué au final un véritable séisme.
On peut comparer cela aux séismes qui résultent un beau jour de l’accumulation de quantités d’énergie phénoménales découlant de la rencontre de plaques tectoniques.

       A ceci près que si nous ne pouvons prévenir un séisme, nous pouvons prévenir de tels séismes sociaux…

2008

Comme dans le passé (bulle Internet en 2000), une bulle spéculative, fondée sur l’immobilier aux États-unis, explose et menace de faire s’écrouler tout le système financier mondial. Des millions de « victimes » et depuis, notre système mondial est secoué de spasmes, comme les répliques des tremblements de terre, dont le dernier en date est celui de la crise liée à l’endettement des pays européens, notamment de la zone euro.

 Pourquoi ?

     Pour moi, les pays qui sont aujourd’hui en crise sont, grosso modo, ceux qui ont été partie prenante du dernier conflit mondial. Après 1945, tous ces pays, et peut-être encore plus les perdants, ont connu ce que depuis on appelle les 30 Glorieuses, trente années pendant lesquelles ils ont connu, mécaniquement j’ose dire, une croissance forte.

     Pendant ces années, de nombreux progrès, dans tous les domaines,  ont vu le jour, c’est indéniable. Mais au détriment de bien d’autres choses pourtant essentielles :

  • prendre en considération les difficultés des pays « pauvres » et pas uniquement prendre leurs richesses (matières premières)
  • garder l’humain au centre des préoccupations
  • prendre soin de notre environnement
  • garder à l’argent son rôle de monnaie d’échange
  • rester raisonnables en tous points.

      Dès lors, notre destin commun était déjà tracé, et dès que la mécanique de la croissance s’est enrayée définitivement, nos malheurs ont commencé à prendre forme.

Comment ?

    En ne nous préoccupant pas des pays (du Sud, du Tiers-Monde, sous-développés, pauvres -peu importe l’appellation-), nous nous retrouvons aujourd’hui face à des situations multiples dont aucune ne nous donne le moindre avantage.

    En ignorant les problèmes de pays tiers, nous devons désormais affronter plusieurs difficultés, toutes aussi coûteuses les unes que les autres, comme :
– faire face à des problèmes migratoires de populations désespérées,
– devoir intervenir militairement dans certains pays qui ont été la proie de dictatures de tous types,
– affronter économiquement des pays dits émergents dont le niveau de vie bien inférieur au nôtre engendre une concurrence terrible,
– aider financièrement des pays surendettés par effacement de leur dette à notre encontre.

    En ne gardant pas l’humain au centre de nos préoccupations, les pays dits riches doivent aujourd’hui constater que leurs peuples sont de plus en plus moroses, pour ne pas dire désespérés. La violence gagne chaque jour des parts de marché, et nous devenons des consommateurs « accros » aux anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères et autres. Sans parler de l’alcool, du tabac et autres dérives… Et force est de constater que le slogan des Indignés est : « Nous sommes les 99% » (de pauvres, pour 1% de très riches).

   En ne prenant aucun soin de l’environnement, nous commençons à en payer les conséquences jour après jour : alertes à la pollution, montée constante des allergies, apparition de nouvelles maladies et autres. Et au passage, nous voudrions maintenant dire aux autres pays en voie de développement, ce qu’ils ne doivent pas faire, alors que nous-mêmes l’avons fait depuis des décennies…

     En laissant l’argent prendre une place de plus en plus importante, nous en arrivons aujourd’hui à des situations stupides où par exemple, les échanges financiers se rapportant à un marché réel de 100 unités (par exemple Md$) peuvent atteindre plusieurs centaines ou milliers de la même unité !

     En ne restant pas « raisonnables » mais en demandant « toujours plus », nos pays se retrouvent endettés plus que de raison, et nos politiques ne sont pas les seuls responsables de cette situation : chacun de nous, nous avons notre part de responsabilité dans cette situation aujourd’hui !